Apprenez à reconnaître comment la peur de l’abandon prend toute sa signification dans vos relations affectives!

 

Le syndrome d’abandon

La blessure d’abandon ou abandonnisme est un état psychologique de sentiment d’insécurité permanente lié à une peur irrationnelle d’être abandonné. La personne qui souffre d’un état d’abandonnisme est en demande d’affection pour combler un manque originel (séparation traumatisante du passé ou manque d’amour réel ou imaginaire). Si vous avez peur qu’on vous quitte, que vous soyez très exigeant envers votre partenaire, que vos attentes soient démesurées et toujours insatisfaites, lisez ce qui suit pour mettre un terme à vos troubles affectifs. Pour guérir de l’angoisse d’abandon il faut reconnaître la souffrance et les reliées aux causes. Nous avons rarement conscience de l’origine de nos troubles affectifs, mais en apprenant à les identifier, nous serons capables de les transformer.

L’origine de la peur de l’abandon

IL PREND NAISSANCE DÈS NOS PREMIÈRES RELATIONS AFFECTIVES AVEC LA MÈRE. C’EST ELLE QUI APPORTE L’AMOUR ET LA SÉCURITÉ, ET SUBVIENT AUX BESOINS DE L’ENFANT. A l’origine de l’abandonnite, il y a toujours un abandon vécu. Cet épisode a eu lieu pendant la vie fœtale, soit au cours de la prime enfance ou l’enfance. Peu d’adultes confrontés à une séparation pensent que celle-ci est à l’origine de leur souffrance jusqu’au moment où ils réalisent que la souffrance extrême, qu’ils éprouvent aujourd’hui a son origine dans un abandon qu’ils ont vécu bien avant. Très souvent le souvenir de cet épisode premier n’est plus conscient chez la personne qui souffre d’abandonnisme et ne l’associe pas forcément à un véritable abandon. Et la personne trouve que ce qu’elle ressent est disproportionné par rapport à l’événement vécu.

Le sentiment d’abandon

Le sentiment d’abandon n’est pas une émotion et il peut être plus ou moins bien supporté suivant la personne. Quand il est mal supporté, le sentiment d’abandon se traduit par une série de manifestations physiques et psychiques pouvant aller du simple serrement de cœur à l’anxiété, de la dépression à l’agressivité. Mais ce sont le renoncement à soi-même et le repli sur soi-même qui prédomine avant tout. La personne qui éprouve un sentiment d’abandon va se sentir « mise à l’écart » autant dire indigne. L’abandonné ressent aussi souvent de la culpabilité et un grand sentiment de dévalorisation de lui-même. De cette dévalorisation, même si elle ne consiste qu’en une façon de voir les choses issues de son mental, il déduit qu’il n’est pas digne d’être aimé. Le mental désigne tous les barrages que nous établissons pour nous protéger des souffrances qui nous infligées par le monde extérieur y compris la souffrance inhérente à l’abandon. Mais le mental fait obstruction aux émotions inhérentes au sentiment d’abandon. Je reviendrais sur ce point après.   La névrose d’abandon Les sujets présentant cette névrose sont nommés abandonniques. « Cette entité est encore définie de la façon suivante: « Sentiment et état psychoaffectif d’insécurité permanente, liés à la crainte irrationnelle d’être abandonné par ses parents ou ses proches, sans rapport avec une situation réelle d’abandon. Il y aurait chez les abandonniques un fond d’avidité affective insatiable qui produirait un mélange d’angoisse, d’agressivité réactionnelle (exigences, mise à l’épreuve de l’autre pour s’assurer de son intérêt) et de dévalorisation de soi se  traduisant par : « Je ne suis pas aimé parce que je ne suis pas aimable ».

La peur de l’abandon

Abandon et rejet affectif

Pour certains auteurs, le rejet serait plus dur à vivre que l’abandon, car il consisterait en un acte plus violent. Celui ou celle qui rejette aurait en effet une attitude active, absente dans l’abandon. Ainsi, l’abandon serait plus passif que le rejet, mais peu importe qu’il soit abandonné ou rejeté?  dans les eux cas il éprouvera un sentiment d’abandon ou se sentira rejeté et il souffrira.

Abandon et  manque d’amour

Le manque d’amour peut engendrer chez l’enfant un sentiment inconscient de culpabilité. L’enfant fera alors tout pour attirer l’attention vers lui par des caprices ou des accès de colère. Ce qui pourra susciter de la réprobation par la mère sera interprété comme du rejet par l’enfant.  La culpabilité s’exprime alors par: « si je n’ai pas été aimé, c’est que je ne suis pas digne d’être aimé ».

La surprotection maternelle

La surprotection maternelle se caractérise par un surinvestissement de l’enfant. En surprotégeant son enfant, la mère peut créer une relation de dépendance. La dépendance affective s’exprime par le besoin d’être toujours rassuré par le partenaire. La demande est tellement constante qu’elle engendre à la longue une lassitude, et donc un retrait de l’amour et des élans de démonstration affective. Ici la peur de l’abandon survient après coup et n’est pas due à une séparation traumatique d’avec la mère.

L’enfant séparé de sa mère

La séparation de l’enfant avec sa mère n’est plus à démontrer. L’enfant bien « aimé » construira des relations saines avec son entourage affectif. L’enfant mal « aimé » les détruira par son besoin irrépressible de réparer une estime personnelle défaillante. Il fait porter le blâme sur les autres en leur reprochant leur manque d’attention. A l’origine de l’abandonnite, il y a toujours un abandon vécu. Cet épisode à lieu soit dans la vie foetale, soit au cours de la prime enfance. Très souvent le souvenir de cet épisode premier n’est plus conscient chez la personne souffrant de d’abandonnisme et qualifie de « normal » l’épisode traumatisant et ne l’associe pas forcément à un véritable abandon. Ainsi s’empresse t-elle d’oublier ou de nier le traumatisme initial en le minimisant ou en le normalisant. Très souvent la personne trouve que ce qu’elle ressent est disproportionné par rapport à l’événement vécu.

Peur de l’abandon et  comportements sociaux

 Le sentiment d’abandon se traduit par toutes sortes de manifestations, repli sur Soi, dépression, conduites d’anxiété, agressivité, automutilation, de sentiments d’injustice, d’impuissance et d’insécurité.  Le souvenir d’un abandon mal vécu, non surmonté ou trop vite refoulé dans la petite enfance a des répercussions dans l’âge adulte, il peut amener à une dépendance extrême et infantilisante. Une crise liée à la solitude, le vide affectif, des conduites d’anxiété, un sentiment d’abandon, en attente de reconnaissance, des relations humaines délicates, un manque de confiance en soi, un comportement hyperagressif, hypersociable, une inquiétude permanente ? Cette solitude lorsqu’elle est mal vécue ou accompagnée d’une sensation de trahison, peut être insupportable et subie comme une injustice.

Abandon et peur de la solitude

Romain vient me consulter parce qu’il est tombé sur un de mes articles qui parle de solitude. Il a 48 ans et travaille dans l’imprimerie. Sa femme est décédée après une longue période de souffrance. A présent qu’elle n’est plus là, il redoute que sa peut de la solitude, qui existait déjà bien avant qu’elle ne décède, n’éclate. Il fait donc tout pour s’entourer et il a tellement peur de se retrouver seul qu’il demande à sa compagne actuelle d’être présente quand il travaille sur son ordinateur et ne comprend pas pourquoi celle-ci s’y refuse si souvent. Bien sur il ne lui dit pas  » Viens m’accompagner, car je me sens perdu si je me retrouve seul devant mon ordinateur », mais « Viens avec moi, s’il te plait, car j’ai à te montrer quelque chose choses d’intéressant sur internet », alors qu’il n’a rien de vraiment exceptionnel à lui montrer. Cela dépeint l’attitude de Romain depuis le décès de sa femme. Je lui demande ce qu’il ressent et me répond qui l’est triste et que cette perte l’a traumatisé. Certes, il refait sa vie avec une femme qu’il aime mais, il vit en permanence dans la peur que cette dernière, assez indépendante, y compris financièrement ne le quitte. Romain m’explique alors que ces sentiments il les a déjà éprouvé lorsqu’il était enfant. Il avait 7 ans quand ses parents décidèrent de l’envoyer en pension en Allemagne. Par la suite, il ne revint qu’un ou deux fois par an auprès d’eux. Il dit leur en vouloir tout en reconnaissant que l’éducation lui a été profitable à tous les niveaux. Je lui demande s’il ressent de la colère ou de la frustration. Il me dit que non. Dans la foulée il ajoute que le départ de sa femme lui a fait ressentir  la même chose: une grande tristesse, mais aucune colère ni de frustration ou d’autre « émotions négatives de cette sorte ». « Et que ressentez-vous quand votre amie refuse d’être présente à vos côtés? » Là oui, c’est vrai, je ressens de la colère mais je la retiens, car elle est totalement disproportionnée. Et du même coup je suis encore plus gentil avec elle. L’attitude de Romain est classique. Il s’interdit d’exprimer sa colère parce qu’il a peur de rentrer en conflit; il culpabilise d’avoir eu ses pensées et la boucle se referme. Quand je lui fit prendre conscience qu’il ressentait une vraie colère contre ses parents, mais que son mental s’obstinait à lui dire le contraire, il pu commencer à se libérer de ses émotions.

La peur de l’abandon

 

La négation de soi

Extrait de la blessure d’abandon de Daniel Dufour Laurence est célibataire et travaille dans la publicité. Elle passe tout son temps libre à organiser des week-ends pour ses copains et copines  et se surinvestie pour que tous soient heureux et satisfaits. Mais à la fin de ces moments passés en groupe elle se sent triste car elle ne supporte pas les départs et les séparations. Souvent elle explose de colère reprochant à ses amis de ne pas être reconnaissant de tout le travail qu’elle fait pour eux et de ne pas toujours penser à elle lorsqu’ils organisent un dîner ou une autre activité de leur côté. Elle désire être au courant de tout ce qui se passe dans la  vie de chacun et réagit très fortement lorsque quelque chose lui est caché. Elle se culpabilise ensuite de son habitude, mais ne supporte pas d’être tenue à l’écart. Elle me dit  avec ses propres mots : « Toute chose qui ne m’est pas dite est pour moi synonyme de mépris de ma personne, et me fait très mal. Je me sens alors salie et abandonnée par l’autre. Je lui pose la question : « Comment réagissez-vous si cela se produit ? » Elle me répond : « Soit je ne vois plus la personne parce que je pense qu’elle a dû agir ainsi pour me nuire, soit je lui demande une explication, et si celle-ci ma paraît valable, je poursuis la relation. Laurence dit qu’elle a toujours été comme cela: A l’écoute des autres afin que ceux-ci se sentent bien en sa compagnie. Aussi loin qu’elle se souvienne elle agit de la sorte, notamment envers son père, un militaire de carrière qui ne vivait que très rarement avec le siens. Elle faisait alors en sorte que la maison soit parfaite pour son retour, et mettait un point d’honneur à ce qu’il n’y ait pas de problème entre son père et sa mère ainsi qu’entre son père et ses deux frères. Elle était la plus malheureuse des filles si son père ne passait pas de bons moments chez lui, ce qui se révélait malheureusement être souvent le cas. Elle se rappelle aussi les moments qui entouraient les départs de son père, elle dit avoir alors ressenti une « véritable déchirure ». Elle reconnait du reste que c’est depuis ces moments qu’elle ne supporte plus les départs et les au-revoir.

La peur de l’abandon

Laurence agit de la même façon à l’agence de publicité dans laquelle elle travaille; elle fait tout son possible afin que les autres se sentent bien, à commencer par son patron pour qu’il éprouve une grande admiration. Elle fait des heures supplémentaires, le plus souvent non rémunérées. « J’agis ainsi parce que je souhaite que l’harmonie règne sur mon lieu de travail autant que dans ma vie privée », explique-t-elle. Laurence se retrouve pourtant régulièrement en butte à des vexations et à des attitudes de rejet qui la blessent. Il lui arrive alors de s’isoler, de ne plus vouloir rencontrer qui que ce soit. Dans ce moment-là elle est obligée de constater que très peu d’amis lui font signe et que ces connaissances l’ignorent tout simplement. « Que ressentez-vous quand cela arrive? » « Une immense tristesse, mais comme je ne suis pas une personne qui se laisse abattre par l’adversité, je me reprends et je vais de l’avant. » « Que faites-vous de votre tristesse? »  » Je pleure, ce qui me fait du bien même si cela ne m’empêche pas d’être tendue et, surtout, même si cela ne résout en rien le problème!  »   Cet exemple est celui d’une personne prête à tout afin de satisfaire l’autre et les autres. A un point tel qu’elle en arrive à ne pas se respecter elle-même, à être incapable de dire non, à accepter des humiliations et des vexations de toutes sortes. Cette attitude qui consiste à se mettre entièrement à la disposition de l’autre est motivée par une peur panique de ne pas être apprécié et aimé. Elle est excessivement répandue. Que se passe-t-il dans la tête de la personne? Si elle dit non à l’autre ou n’agit pas selon ce que l’autre lui demande, celui-ci sera mécontent et risquera fort de lui en vouloir.   Tôt ou tard suivra la « punition » que l‘abandonnique craint le plus: être rejeté, délaissé. L’idée lui en est tellement insupportable et douloureuse que l’abandonnique préfère aller contre lui-même, ne pas se respecter et se faire le plus petit possible. Mieux vaut rester dans une relation, quitte à ce qu’elle ne soit pas très gratifiante, plutôt que de se retrouver seul, se dit-il. Il met alors en place toute une série de comportements sociaux qui font de lui « une bonne pâte », une personne « facile à vivre » « merveilleuse », car entièrement dévouée aux autres. En fait l’abandonnique ne supporte pas que l’on ne s’entende pas et que l’on se dispute autour de lui. Il se plaint bien, par moments, de ne pas être respecté, mais il revient très vite sur sa plainte. Il préfère ‘choisir » de souffrir plutôt que de faire souffrir l’autre ou les autres, en espérant que sa façon d’être lui apportera en retour la considération, les respect et l’amour de ceux qui l’entourent. Bien évidemment, son attitude ne lui apporte que la plupart du temps que de la condescendance, de l’irrespect et l’indifférence, ce qui renforce le cercle vicieux dans lequel l‘abandonnique évolue.

 

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